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Syrie : Aujourd’hui les Emirats, demain l’Arabie Saoudite…

December 28, 2018

La décision du président Trump, visant à retirer 2000 soldats US engagés aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), n’a pas été sans conséquences sur le déroulement du conflit syrien à un moment où l’attention était focalisée sur la province d’Idlib.

 

Certains alliés engagés militairement, comme la France, ont perçu ce revirement comme un funeste abandon de l’objectif stratégique consistant à éradiquer la menace de Daesh tout en appuyant les alliés locaux dans un but de bénéficier d’une influence dans la Syrie de demain . 

 

En revanche, d’autres acteurs régionaux, et plus précisément l’axe saoudo-émirato-égyptien, ont perçu une nécessité de combler le vide stratégique qui serait créé par le retrait américain de peur que la situation en profite à d’autres axes rivaux et ce, dans le cadre d’un scénario similaire à celui du désengagement américain de l’Irak qui avait permis à l’Iran d’étendre davantage son influence.  

 

Ainsi, la visite du président soudanais Omar Hassan Al-Bachir à Damas le 16 décembre, sous escorte russe, s’inscrivait officiellement dans une perspective « de restaurer les relations entre les pays arabes basées sur le respect de de la souveraineté des pays et la non-ingérence dans les affaires intérieures » . Toutefois, cette première visite d’un président arabe sur le sol syrien depuis 2011 ne s’effectuait pas sans coordination avec l’axe régional dans lequel le Soudan était engagé.

 

Dix jours après, c’est au tour du drapeau émirati de flotter au-dessus de l’ambassade à Damas. Ceci en présence du diplomate émirati Abdel Hakim Al-Naïmi qui lanca que « La reprise des activités à l’ambassade est une invitation à la reprise des relations et à la réouverture des autres ambassades arabes ».

 

Le repositionnement stratégique émirati coïncidait avec la publication d’un décret royal saoudien annonçant une série de remaniements. Ainsi, Ibrahim Al Assaf qui fut chargé du portefeuille du Ministère des Finances durant près d’une décennie (01/96-10/2016), et qui siège au conseil d’Aramco et du Public Investment Fund, remplace Adel Al Jubeir en tant que Ministre des Affaires Étrangères. Cette décision est considérée comme un signal fort d’un changement en matière de la politique étrangère du royaume. Ceci, dans un contexte où Jubeir fut un fervent défenseur du départ du Président Assad. De plus, son remplacement par une personnalité qui représente l’ancienne garde proche du Roi Salman est propice pour un revirement stratégique.

 

Quelques heures après, le MAE du Bahrein Khaled Ben Ahmad Al Khalifa affirma sur son compte twitter son soutien à la Syrie « pour le rétablissement de la souveraineté de son territoire et d’assurer la sécurité et la prospérité de son peuple frère ». De plus, le Koweït comme le Bahreïn avaient annoncé une ouverture prochaine de leurs ambassades respectives dans la capitale syrienne

 

 

 

L’engagement de l’axe saoudo-égypto-émirati dans le dossier syrien va devoir s’inscrire dans une double perspective : i) ramener la Syrie dans le giron arabe à travers une série d’actions qui débute par la réouverture des ambassades et sa réintroduction dans la Ligue Arabe, 7 ans après son éviction, et qui se poursuivra dans une participation directe dans l’effort de reconstruction. ii) limiter l’influence croissante des axes rivaux, notamment celle de l’axe turco-qatari, qui s’est concretisée en octobre 2018 par un accord avec les Russes pour une instauration d’une zone tampon dans la province d’Idlib.     

 

Enfin, la tentative française de reprendre le leadership occidental sur le dossier syrien résumée par la déclaration de la Ministre des Armées Florence Parly, annonçant la continuité de son engagement du coté des FDS, semble s’affronter à la réalité du terrain : les FDS, contraints de faire face à un incursion potentielle turque, ont fait appel à l’armée syrienne pour défendre la ville de Manbij.

 

Ainsi, la préservation des intérêts français mériterait désormais le retour à une Realpolitik qui n’exclurait pas une coordination avec les alliés stratégiques de la région.

 

 

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